50. La disparition de l'antilope rouanne


hippotrague-noir
hippotrague noir
Quand paraît le grand koudou
D'un des sous-bois, surgit parfois le grand koudou Tragelaphus strepsiceros. Aucune antilope n'est plus belle que ce grand animal, de 1,50 m au garrot pour 300 kg, figé dans l'attente. Les mâles ont l'allure des fiers dix cors. Leurs cornes, mesurant jusqu'à 1,80 m, tournent vers le ciel d'incroyables spirales. Et qu'importe leur fière stature, les grands koudous savent parfaitement fondre leur pelage brun strié de fines rayures blanches dans le bush où ils trouvent les feuilles juteuses. Effrayés, rien n'arrêtera leur course, pas même une barrière haute de 2,50 m qu'ils franchissent d'un bond. Dans les zones ouvertes et les prairies claires, l'éland du Cap Tragelaphus oryx s'impose, naturellement. Les mâles pèsent jusqu'à 900 kg et la bosse qui marque le garrot toise 1.95 m. La plus grande des antilopes a la taille d'un bœuf, mais sa silhouette est plus fine. Une telle charpente ne permet guère la territorialité, il lui faut aller où la nourriture est abondante. Aussi, les élands à la robe gris-roux nomadisent-ils au gré de leurs besoins. Mâles comme femelles portent cornes.
Celles des femelles sont plus fines mais parfois plus longues. Malgré sa taille, l'éland est rarement agressif. Il est chassé pour sa viande de la Russie à l'Afrique du Sud. L'oryx, Oryx gazella a sûrement été peint par quelque sorcier africain. Son masque, noir et blanc, supporte d'incroyables flamberges de 1,20 m chez le mâle comme chez la femelle. Tous deux sont marqués par les traces noires et blanches qui bordent une robe presque grise. Les petites hardes se regroupent parfois pour former de vastes bataillons. Dans les zones arides, cette antilope sait dénicher les herbes tendres, les fruits riches et les bourgeons gonflés d'humidité. Si l'eau vient à manquer, elle creuse le sol, offrant à mille autres animaux le travail de ses excavations. L'antilope rouanne Hippotragus equinus préfère les prairies humides aux terrains arides. Elle porte des oreilles longues et verticales, comme des ailes de papillon. De la taille d'un cheval, 1,50 m au garrot pour 300 kg, le mâle veille jalousement sur sa troupe de femelles, mais c'est une vieille dame qui mène le harem. D'un pelage gris à brun-roussâtre, les antilopes rouannes se déplacent souvent à la queue leu leu. Les hippotragues bleus Hippotragus leucophaeus on cessé de cheminer. Ils sont les premiers mammifères africains modernes à avoir disparu. Découverte tout au début du XVIIIème, cette belle antilope fut exterminée en moins d'un siècle. Proche parent, l'hippotrague noir Hiopotragus niger échappa au massacre. La robe des mâles et des femelles peut être tellement différente que l'on a longtemps cru qu'il s'agissait d'espèces distinctes. Les femelles sont d'un roux presque orangé, alors que les mâles tendent vers un noir profond. Les mâles consacrent une bonne partie de leur temps à la préservation du harem, toujours prêts à se battre pour défendre leur pré carré. Quel que soit son sexe, l'animal est puissamment armé. Deux longues cornes régulièrement annelées tiennent rivaux et prédateurs à distance. Cette antilope à l'allure chevaline, de 1,40 m au garrot, préfère cependant la paix des zones boisées où elle peut déguster en paix les graminées, feuilles et fruits.

La fuite aquatique
Pour fuir la coercition de ses prédateurs, le cobe à croissant Kobus ellipsiprymnus se réfugie dans l'eau. Là où les fauves n'osent pas affronter les grandes cornes incurvées vers l'avant que porte le mâle. Il est pourtant peu de carnivores, excepté le lion et le lycaon, qui le prennent pour gibier. Le pelage de cette grande antilope, fort à l'aise dans l'élément liquide, est couvert d'une sécrétion huileuse, à la forte odeur de musc, qui donnerait à sa chair un goût peu appréciable. Alors, les mâles peuvent tranquillement veiller sur un territoire que traversent les femelles. Le cobe à croissant doit son nom français au cercle blanc qui souligne sa croupe. Plus petit, le cobe des roseaux Redunca arundinum fréquente, en solitaire, les mêmes zones ouvertes proches d'un lac où il broute durant la journée toutes sortes de graminées. Quant au proche redunca de montagne Redunca fulvorufula il vit, en bandes de 10 à 20 individus dans des régions plus escarpées. Les bonteboks Damaliscus dorcas étaient devenus tellement rares qu'il fallut créer un parc national pour les sauver de l'extermination. Comme le blesbok Damaliscus dorcas phillipsi, ces graciles antilopes furent victimes d'incroyables massacres. Le blesbok a les fesses blanches. Elles sont rousses chez son compatriote. Les mâles des deux espèces sont territoriaux. Lors des combats pour la domination d'un harem, les rivaux s'affrontent genoux à terre, en fait le poignet, en faisant résonner, sous le choc, leurs épaisses cornes en forme de S. Juste un peu plus grand, le sassaby ou topi Damaliscus lunatus a la réputation d'être la plus rapide de toutes les antilopes. On lui accorde des vitesses de l'ordre d'une centaine de kilomètres par heure. Pourtant, tranquillement couchée dans les hautes herbes, cette antilope brun-roux aux flancs marqués de noir, semble souvent peu soucieuse de fuir préférant, aux heures les plus chaudes, prendre le temps de ruminer. Mais le mâle veille sur le groupe familial. Malgré sa taille, 1,30 m au garrot pour 160 kg, le bubale de Lichtenstein Alcelaphus Lichtensteini escalade les termitières pour guetter, immobile sous la canicule ou l'orage, l'approche des prédateurs. Qu'un danger se précise, il s'enfuit dans un rapide galop en lançant un puissant grognement. Battant l'amble, il dévoile alors toute la légèreté et la puissance de son corps défavorisé a priori par une tête trop longue, un dos trop fuyant, des cornes trop épaisses. Ces antilopes étaient, pour les premiers colons hollandais, «les bêtes dures» (hartebeest), de celles qu'un cheval ne peut forcer. Un mufle carré, des cornes en crochet et un large cou, le gnou bleu à queue noire Connochaetes taurinus semble tout désigné pour être le cousin africain des taureaux camarguais. Pourtant, les deux espèces de gnous qui pâturent en Afrique sont bel et bien des antilopes. Plutôt gris-brun que réellement bleu, le gnou bleu est, avec 1,40 m au garrot, le plus grand des deux espèces. En Afrique de l'Est, il forme d'immenses colonnes migratoires de plusieurs milliers d'individus. En Afrique du Sud, où ses déplacements sont restreints, il se regroupe en vastes troupeaux où se mêlent volontiers à d'autres herbivores. Avec son allure hirsute, et son comportement démonstratif, le gnou à queue blanche Connochaetes gnou a été surnommé «le clown de la savane», bien qu'il ne fréquente que celles du sud de l'Afrique du Sud. Avec sa crinière claire, sa barbe mal peignée et sa longue queue blanche toujours en mouvement, on ne peut le confondre avec le bleu. Sédentaires, bruyants et actifs, les mâles occupent un territoire où ils tentent d'attirer les femelles. L'impala Aepyceros melampus est moins démonstratif. Son élégante silhouette à la robe rousse ornée de quelques taches noires semble avoir été dessinée par un esthète. A la saison des amours, les mâles, le cou gonflé, mugissant et grognant, luttent de toutes leurs cornes pour se constituer un harem. Les éconduits attendront des jours meilleurs au sein d'un club de célibataires. Aux heures les plus chaudes de la journée on les trouve, immobiles, sous le couvert des mopanes. Autre «jumper», le springbok Antidorcas marsupialis semble monté sur ressorts. Le dos voûté, les poils blancs de la croupe redressés, les quatre pattes décollant au même instant, il doit son nom à ces sauts très particuliers. Mais il est loin le temps où les springboks étaient si nombreux que leurs troupeaux couvraient des kilomètres carrés et que leurs sabots légers faisaient trembler le sol. En petites troupes, désormais, les springboks continuent de fréquenter les zones semi-désertiques où se fondent leurs silhouettes aux reflets de sable.

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